Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

Une année liturgique de plus vient de s’écouler, une autre commence ce dimanche. Un cycle s’achève, un autre reprend aussitôt. Devant l’agitation de nos vies trépidantes, le temps s’écoule parfois bien vite et sans que nous y prenions garde, nous pouvons facilement passer à côté de l’essentiel
de notre vie : Dieu.  Aujourd’hui, l’Evangile nous donne trois recommandations pour nous aider à nous recentrer sur ce qui doit être le cœur de notre vie et entrer pleinement dans le temps de l’Avent. Laissons-nous saisir par l’actualité et la force des paroles du Christ.

Relevez la tête car votre Rédemption est proche. Les derniers événements qui ont frappé notre pays et nos préoccupations quotidiennes peuvent peu à peu nous éloigner de notre but en ce début d’année liturgique : disposer notre âme à recevoir le Sauveur. L’Evangile nous invite à nous arrêter un moment, à prendre peut-être une matinée, une journée, un week-end selon nos disponibilités, pour relever la tête et nous aider à prendre conscience de la fragilité de notre vie et du besoin impérieux d’un sauveur. Nous ne sommes pas des sprinters, mais des coureurs de fond. Pour tenir dans le temps,
il nous est parfois nécessaire de souffler un moment pour nous remettre dans le bon axe et prendre les bons moyens de poursuivre notre course.

Tenez-vous sur vos gardes. Non seulement le Christ nous recommande de ne pas perdre de vue notre but, mais en plus il nous invite à une certaine prudence. La vie chrétienne est en effet semée d’embûches de tout ordre : découragement, présomption, activisme… Comme un veilleur sur
les remparts de la ville qui guette avec attention les attaques de l’ennemi,
il nous faut être vigilant dans les lieux de notre vie où nous nous savons plus fragiles. La prudence s’appuie sur une conception humble de nous-mêmes. Elle évite la précipitation et la témérité qui assèchent progressivement notre relation avec Dieu. Se tenir sur ses gardes ne signifie pas rester sur nos propres sécurités, mais penser et agir en présence de Dieu en comptant sur sa grâce quotidienne.

Priez en tout temps. Nous le savons, prière et vie chrétienne sont inséparables. Si vraiment, nous sommes conscients de notre besoin de salut et animés du désir de préparer notre âme à la venue du Messie, nous ne pouvons pas faire fi de ce cœur à cœur régulier avec Dieu. La prière peut prendre diverses formes : prière vocale, médiation, oraison… Toutes ces prières ont en commun le recueillement du cœur. La prière est la meilleure arme pour se tenir sur ses gardes et ne pas retomber dans l’esclavage du péché. Elle creuse petit à petit notre désir de Dieu et accroît notre espérance.

L’Evangile d’aujourd’hui nous fait entrer de plain-pied dans ce temps d’attente joyeuse qui caractérise l’Avent. Il ne nous ment pas sur l’exigence de la vie chrétienne, mais nous donne aussi des moyens d’avancer dans
la paix et de préparer la venue du Messie : relever la tête, être vigilant, prier.
Il nous apprend ainsi à dépouiller notre crèche intérieure de ses vieillissements et à approfondir notre désir pour laisser une grande et belle place à l’enfant Jésus, le Verbe fait chair.