« Appelés à témoigner »

Jeudi, nous avons fêté l’Ascension de Jésus. C’était sa dernière apparition à ses disciples ; il disparaît à leur regard pour être présent autrement. Les disciples qui ont suivi Jésus pendant trois ans sont maintenant appelés à le rendre eux-mêmes présent. Ils sont invités à leur tour à être les porteurs de la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Leur témoignage et le Christ lui-même sont parvenus jusqu’à nous par une chaîne de témoins. A notre tour, nous avons à nous insérer dans cette grande lignée. Dieu compte sur nous, sur chacun de nous, malgré nos défauts et nos limites, pour prendre part à cette mission.

Nous sommes appelés à la vivre dans notre milieu de vie familial et professionnel, dans notre paroisse et notre diocèse, en nous appuyant sur la consécration et l’appel de notre baptême et de notre confirmation. Certains parmi nous, à l’image de Mathias dans la première lecture, sont choisis par l’Eglise et consacrés par l’Esprit saint pour participer à cette mission de manière spécifique, en exerçant le ministère apostolique confié par le Christ aux apôtres et à leurs successeurs. D’une manière comme de l’autre, dès les origines de l’Eglise, l’Esprit Saint est à l’oeuvre pour aider l’Eglise à être organisée, animée par la foi, et témoin du Christ ressuscité.

Ce témoignage nécessite d’être en communion avec Dieu. Cette communion est une amitié, car le Christ nous appelle amis et non serviteurs. Cet amour authentique, surnaturel, ne peut avoir sa source qu’en Dieu, non en l’homme, et cela peut nous effrayer. Mais pour autant nous ne devons pas céder à la tentation du découragement à la vue de nos péchés. Pour une part, certes, ils freinent, au moins en nous, l’action du Christ pour le salut du monde. Mais d’autre part si nous sommes conscient que la source de l’amour est en Dieu, si nous acceptons de vivre comme des pécheurs auxquels le Christ renouvelle souvent son pardon, alors non seulement nous entrons dans la réalisation de la volonté du Père tel qu’il compte sur nous aujourd’hui pour prendre part à sa mission, mais aussi nous comprenons que c’est précisément parce que nous sommes pécheurs que les autres peuvent voir que la source de l’amour n’est pas en nous, mais bien au-delà, en Dieu. Le chrétien qui se sait pécheur pardonné peut donc être un témoin si ce contraste accepté peut révéler cet amour infini.

Mère Teresa, à un journaliste qui lui demandait quelle était la première chose à changer pour améliorer le monde, avait répondu « vous et moi ». N’attendons pas d’être parfaits ! Demandons à l’Esprit saint de nous aider, sans peur mais au contraire avec la joie d’y être invités, car le Christ a prié le Père pour chacun d’entre nous, et répondons joyeusement à cet appel.

Don Charles Marie d’Amat