« Un prophète comme Moïse» par Don Ignace, vicaire paroissial.

Le Livre du Deutéronome, présenté parfois comme un livre juridique, est un livre de feu, le feu de l’amour de Dieu dont témoigne toute la vie de Moïse : tel est l’esprit derrière les nombreux « commandements » qu’il contient. Dans notre passage, Moïse vient de dénoncer les pratiques divinatoires païennes et y oppose le prophétisme véritable : Dieu parle lui-même à son peuple, il vient déposer sa propre parole dans nos cœurs, ce lieu le plus intime de la rencontre.

C’est un Prophète « semblable à (Moïse) » qui viendra apporter cette parole du peuple, avec qui le Seigneur parlera directement et simplement. Ce prophète sera « issu du milieu de toi, parmi tes frères », et non pas un esprit ou un être étrange et étranger : un homme qui partage tout de notre humanité.

Ce « Nouveau Moïse », c’est Jésus-Christ, cet homme qui est la Parole de Dieu elle-même, « vrai Dieu et vrai homme. » Ce parallélisme entre Moïse et Jésus est visible dans l’évangile de Matthieu dès la description de l’enfance de Jésus (qui échappe de peu à la mort et se réfugie chez les Égyptiens, puis retrouve son peuple quand ils « sont morts, ceux qui cherchaient à le faire périr » etc.). Ce parallélisme souligne et explique le rapport du Prophète à la Parole de Dieu.

Moïse est atteint au cœur par la Parole de Dieu. Il sait bien qu’elle est une « grande flamme », mais non point d’un feu qui détruit tout : d’un feu qui vivifie. « Il y a ici plus que Moïse », pourrait-on dire. Jésus-Christ est la Parole de Dieu qui se laisse voir, prendre, manger même ! Ce Prophète par excellence a fait dire à saint Jean la définition de Dieu la plus belle qui soit : Dieu est amour.