« Être missionnaire » par Don Bruno Attuyt, curé.

Le récit du livre de Jonas est intéressant quant au comportement du prophète. Nous savons que Jonas s’est montré très réticent, voire rebelle, à l’appel du Seigneur, fuyant loin de Ninive où Dieu l’envoyait (Ch.1). Après bien des péripéties (ch.2), le voilà contraint d’accomplir sa mission, non sans réticence ni légèreté puisqu’en un jour seulement il parcourt une ville qui en demandait trois pour être traversée. Le plus extraordinaire, c’est que cela fonctionne quand même ! Les Ninivites sont touchés au cœur, ils prennent le message au sérieux et se convertissent. Cela marche tellement bien, que Jonas en éprouve du dépit et que le Seigneur doit lui faire la leçon avec un ricin (Ch.4).

Si les lectures de ce dimanche soulignent l’urgence de la mission et la nécessité d’avoir des apôtres pour annoncer la Bonne Nouvelle (première lecture et évangile), la première lecture nous fait comprendre que l’efficacité de l’évangélisation, qui est un appel à la conversion, ne dépend pas des sentiments que nous pouvons éprouver à l’égard de cette mission, mais de la volonté de Dieu. Deux conclusions peuvent être tirées de ce récit. La première, exigeante, consiste à comprendre que lorsque nous sommes appelés au service du Seigneur, nous pouvons, certes, nous désister de différentes manières, mais la volonté de Dieu se fera toujours. Elle se fera avec nous ou contre nous, mais elle s’accomplira toujours. La deuxième conclusion, consolante, nous fait découvrir qu’en la matière, le caractère importe peu. Le bon missionnaire n’est pas celui qui a un bon caractère ou une capacité de perfectionnisme, c’est celui qui obéit à l’appel du Seigneur, fût-ce à son rythme.

Dans trois mois, du 19 au 25 mars, nous initierons une semaine missionnaire. La méditation du livre de Jonas, que nous pouvons à cette occasion relire — il est très court —, pourrait nous aider à, d’une part, nous sentir appelés à cet élan missionnaire et, d’autre part, à nous engager à y participer.