« Discerner l’appel du Seigneur » par Don Bruno Attuyt, curé.

Par-delà la question fondamentale de l’appel à choisir un état de vie, le sacerdoce, le diaconat, la vie consacrée ou le mariage, comment être sûr que le Seigneur nous appelle, lorsque naît en nous le désir d’un engagement chrétien ?

Ce récit de la vocation de Samuel peut nous aider à formaliser quelques critères de discernement.

Le premier critère consiste à apprécier sa manière de vivre : « Samuel couchait dans le temple. » Le psaume 118 peut éclairer ce verset : « la nuit, je me rappelle ton nom pour observer ta loi. Ce qui me revient, Seigneur, c’est de garder tes préceptes » (55-56). C’est la garde du cœur dans la communion au Seigneur, plus que le respect juridique de lois extérieures, qui est ici exprimée. Le premier critère est donc celui de la cohérence dans la vie chrétienne.

Le deuxième critère est celui de l’accompagnement : «  il courut vers le prêtre Élie ». Samuel, et pas seulement à cause de son jeune âge, a besoin de confronter son expérience spirituelle à la sagesse d’Eli. Un appel du Seigneur ne peut se discerner tout seul. C’est vers l’ancien, le presbyteros, qu’il faut se tourner non pour faire avaliser son expérience, mais pour en discerner la signification profonde. Celui-ci comme nous le montre le texte, n’est pas un gourou ou un devin qui a réponse à tout, mais il est un acteur indispensable du discernement. C’est ensemble qu’Élie et Samuel sauront décrypter ce mystérieux appel qui vient réveiller ce dernier.

Le dernier critère est celui du temps, de la durée : « retourne te coucher ». Si, dans la vie spirituelle, la spontanéité a toujours sa place, l’improvisation ne vient jamais de Dieu. Toute l’histoire biblique, toute l’expérience de l’Église l’atteste. Il faut du temps pour discerner aussi bien chez l’accompagnateur que chez l’accompagné.

Une fois ces trois critères pris en compte, nous pouvons grandir dans le service du seigneur, et comme Samuel, être assurés de la présence authentique de Dieu dans nos vies. « Parle seigneur ton serviteur écoute. »